dimanche 17 octobre 2010

Les instruments de musique traditionnels du Maghreb

Voici un panorama des différents instruments de musique traditionnels utilisés au Maghreb. Certains sont d'origine orientale, d'autres locale; il existe des variantes selon les pays et témoignent de la richesse et des diverses influences de la musique du Maghreb. 


L’oud  est un instrument de musique piriforme à cordes pincées. On utilise traditionnellement une plume (risha en arabe) ou une lamelle de corne pour jouer. Au maghreb, on le retrouve dans la musique dite classique comme l'arabo-andalous, le Melhoun (Maroc), le Malouf (Constantine) ou encore des genres musicaux comme le shaâbi (populaire).










La kouitra: un des symboles de la musique algérienne, la kouitra est un luth à quatre double cordes qui ressemble à l'oud mais sa caisse de résonnance est moins profonde. On retrouve cet instrument dans l'accompagnement de la nouba de la musique arabo-andalouse. L'algérien Si Mohammed al Bahar était le plus grand joueur de kouitra (vidéo).










Le qanun est un instrument à cordes pincées de la famille des cithares sur table, très répandu dans les pays du Moyen-Orient, du Maghreb, en Iran etc. (Dans la vidéo, Nothing Else Matters de Metallica, ben pourquoi pas).




La derbouka est instrument de percussion que l’on retrouve dans tout les pays arabes et/ou d’Islam ; il fait partie de la catégorie des membranophones.  La derbouka est en terre cuite et en forme de gobelet à base ouverte (Afrique du Nord) et est recouverte d’une peau de chèvre ou de poisson et maintenue sur les bords par des fils tressés. (Dans la vidéo, le musicien marocain Ali Alaoui de Moultaqa Salam)


               





La taârija est un instrument de percussion en terre cuite recouverte d'une peau de mouton. On la retrouve surtout au Maroc.










Le riq ou reqq est un tambour muni de cymbalettes. Il est essentiellement utilisé dans la musique arabo-andalouse.







Le bendir de la famille des membraphones est apparenté au riqq. C’est un tambour à une face sur cadre rond répandu dans le Maghreb, le Proche et le Moyen-Orient. Il est constitué d'un cadre circulaire en bois de 40 à 60 cm de diamètre sur lequel une peau de chèvre est tendue.









La tabla tijaniya est un tambour en peau de gazelle tendue à l'aide d'une corde sur une caisse conique en bois sculpté : c’est un instrument qui appartient à des communautés religieuses féminines, adeptes d'une congrégation mystique ayant pour saint patron « Sidi Ahmed Tijânî (1737-1815) » et en est devenu leur symbole. Quatre femmes s'assoient au sol autour de la tabla tijaniya et jouent ensemble en frappant la tabla les doigts joints et en entonnant des chants.


La Gasaa, cet instrument de percussion qui ressemble à la tabla tijaniya est constitué d'un large plat en bois (plat à cousous) sur lequel est tendue une peau de dromadaire maintenue par des lanières. Le musicien utilise des baguettes pour jouer de cet instrument.  On le retrouve essentiellement dans le monde nomade.



Le tbel  est une timbale composée de deux éléments jumelés, fixés par des lacets en cuir et comportant deux peaux de mouton parcheminées.(Dans la vidéo, Idhebalen, groupes de musiciens populaires et traditionnels qui animent les fêtes en Kabylie).







La guedra, du nom d’une danse saharienne, est également un instrument de percussion constitué d’une poterie à large ouverture recouverte d’une peau parcheminée peinte au henné.




Le daff ou deff, appartenant au monde bedouin, c'est un cadre en bois carré où sont tendues de chaque côté deux membranes en peau de chameau. On joue sur les deux faces de l'instrument.








 Tbilet ou naqqarat: ceux sont deux tambourins jumelés par des lacets en cuir et comportants deux ouvertures couvertes de peau de mouton parcheminée






Guellal ou qallal: porté en bandoulière, le tambour est en forme de tube avec un cylindre en terre. Il ya un côté plus large que l'autre qui est recouvert d'une membrane en peau de chèvre. Il est très répandu dans l'Oranie ( ouest algérien) pour accompagner la danse allaoui (Ci-dessous, porté par deux musiciens).





Zorna ou encore appelé Ghaïta est un instrument à vent à anche double de la grande famille des hautbois dont les origines remontent au VIIIe siècle. La ghaïta est utilisée dans la musique populaire. (Dans la vidéo, le musicien populaire algérois Boualem Titiche)






Zammara ou magrouna, instrument à vent où deux tuyaux sont couplés et percés de deux à six trous. Comme pour la ghaïta, on joue de cet instrument selon la technique du souffle continu.








Le ney est une flûte en roseau.




A ne pas confondre avec la gasba  (en Algérie) ou tamja (au Maroc). Cet instrument est très répandu dans l'ouest algérien et dans les Aurès, région berbérophone d'Algérie;  il est d'ailleurs le symbole de la musique Chaouie (vidéo ci-dessous).








La nira est un instrument de musique à vent à six ou huit trous utilisé au Maroc. C'est une flûte munie d'une anche en roseau.




Le mezoued ou mezwed  du nom d’un style de musique populaire en Tunisie, est un instrument à vent traditionnel très répandu en Tunisie. mais également utilisé en Algérie et en Libye. Il diffère d'un autre instrument de musique très similaire appelé Zukra.  Le terme est dérivé du mot arabe mizwij qui signifie « double ». Il s'agit d'une cornemuse traditionnelle. D'origine bédouine, cet instrument se serait diffusé des campements nomades vers les campagnes puis les villes.






La kamenja est un violon avec archet et une caisse de résonance aplatie en forme de huit.








L’outar est instrument à 3 cordes pincées, de la famille du guembri. Il possède des cordes en nylon et est essentiellement utilisé dans la musique amazighe (Haut-Atlas au Maroc).







Le guembri ou gumbri est une sorte de luth en bois piriforme ou arrondi, recouvert d’une peau de mouton feutrée et monté avec deux ou trois cordes.




Le rbab est une sorte de vièle, sa forme est celle d'un petit luth étiré présentant une surface plane en bois avec des rosaces ajourées, couverte en partie par une peau de chèvre.




Les krakeb, symbole de la musique Gnawa, les krakeb sont des instruments comparables aux castagnettes, constitués de huit disques métalliques d'une dizaine de centimètres de diamètre, bombés, assemblés deux par deux par une tige. On tient dans chaque main deux séries de ces disques métalliques joués par un mouvement de main battant les disques les uns contre les autres.





Les sagattes sont des instruments de percussion constitués de deux paires de petites cymbales d'un diamètre d'environ cinq à six centimètres placées sur les doigts (pouces et majeurs de chaque main). Il faut deux paires de sagattes pour en jouer. Elles sont très utilisées dans la musique orientale pour accompagner des darboukas ou par des danseuses orientales en général. (Dans la vidéo, la danseuse israëlienne Nava Aharoni interprête une danse persane).





Pour les plus curieux:
Francisco Salvador-Daniel, Musique et instruments de musique du Maghreb, Boite à documents, 2001.