dimanche 10 avril 2011

Voix des Femmes de Chefchaouen

Située au nord-ouest du Maroc au sein de la chaîne montagneuse du Rif, Chefchaouen-dont le nom est tirée de l’amazigh rifain Achawen signifiant les cornes-recèle une des traditions musicales et poétiques des plus riches.


Parmi celles-ci on compte la hadra,-littéralement "présence"- qui est rituel où les adeptes d'une confrérie religieuse se réunissent; chantent les louanges et font des invocations dont le but est d’arriver à un état d’extase " fruit d’une union avec la présence divine". Il se manifeste à l’occasion des moussems, moulouds et autres festivités. Rattachée au Soufisme (mystique musulmane) et se pratiquant dans le contexte des confréries religieuses, la hadra des Chefchaouen remonte au XVIè siècle.  La particularité est que cette tradition est féminine. Un des maîtres spirituels de la lignée des Bekkalya à l’origine de cet ordre soufi féminin, est la sainte Cherifa Lalla Hiba Bekkaliya rattachée à la zaouia Bekkaliya du village de Douar Haraïk.



Aujourd’hui, cette tradition se poursuit notamment à travers Rahoum Bekkali fille d’un cheikh, et diplômée en musique arabo-andalouse. Elle transmet cet héritage spirituel aux jeunes filles de Chefchaouen dont l'ensemble musical porte le nom de Akhawat el Fane el Assil  "Sœurs de l’art traditionnel". Cet ensemble ajoute également une part de créativité ; en effet, les paroles sont des poèmes en arabe issus de la tradition familiale des Bekkali, et du répertoire soufi des chants de Sama’i.



Les femmes sont vêtues du costume traditionnel que les rifaines portent durant les fêtes. Certains sont assises en demi-cercle et jouent d’un instrument de musique (bendir, darbuka, tar, ta’rija) ; d’autres sont debout et chantent en frappant des mains et se balancent de gauche à droite ou d’avant en arrière. La Munchida, (prononcé mounchida), la soliste est accompagnée du chœur. Parfois, elle chante en solo a capella ou accompagnée d’un oud. La hadra commence d'abord lentement  puis accélère le tempo, accompagné des percussions et des youyous jusqu’à l’extase, apogée de la hadra.



Sources
Ateliers d'ethnomusicologie: http://www.adem.ch/maroc/chefchaouen.html
Fès, Musiques sacrées du Monde: http://www.fesfestival.com/fr2005/Hadra_femmes_de_Chaouen.php